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Voyages moto

Traverser les Alpes en 5 étapes à moto

Un itinéraire découpé en journées roulables, avec les hébergements motards et les passages à éviter en haute saison.

Un itinéraire découpé en journées roulables, avec les hébergements motards et les passages

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  • Départ et arrivée : Thonon-les-Bains puis Menton, par la route des Grandes Alpes.
  • Villes étapes : Bourg-Saint-Maurice, Valloire, Barcelonnette, Saint-Martin-Vésubie.
  • Kilométrage : environ 720 km, avec des journées de 85 à 190 km.
  • Saison conseillée : de fin juin à mi-septembre, pour trouver l’Iseran et le Galibier ouverts.

Pour traverser les Alpes en 5 étapes à moto, le tracé le plus cohérent suit la route des Grandes Alpes, qui relie le lac Léman à la Côte d’Azur par une succession de cols mythiques. Ce découpage en cinq jours fait passer par le toit routier de l’itinéraire, le col de l’Iseran à 2 764 m, puis par le Galibier, l’Izoard et la Cayolle, avant une dernière descente vers la mer par le Turini. Chaque soir, vous dormez dans une vallée équipée en hébergements, en garages et en stations-service. Le rythme reste raisonnable : quatre à six heures de selle par jour, arrêts photo compris.

L’itinéraire pour traverser les Alpes à moto en un coup d’œil

Le tableau ci-dessous résume les cinq journées. Les distances sont arrondies et peuvent varier de quelques kilomètres selon les détours choisis ou le GPS utilisé.

JourTrajetDistance approximativeCols principauxPoint le plus haut
1Thonon-les-Bains à Bourg-Saint-Maurice190 kmLes Gets, Colombière, Aravis, Saisies, Cormet de Roselend1 968 m
2Bourg-Saint-Maurice à Valloire140 kmIseran, Télégraphe2 764 m
3Valloire à Barcelonnette170 kmGalibier, Lautaret, Izoard, Vars2 642 m
4Barcelonnette à Saint-Martin-Vésubie135 kmCayolle, Valberg, Couillole2 326 m
5Saint-Martin-Vésubie à Menton85 kmTurini, Castillon1 607 m

Le sens nord vers sud a un avantage concret : la lumière du soleil arrive plutôt dans le dos l’après-midi, et l’arrivée sur la Méditerranée offre une vraie fin de voyage. Le parcours inverse reste tout à fait possible si votre point de départ se situe dans le Sud.

Les cinq journées dans les cols alpins, une par une

Jour 1 : des rives du Léman au Beaufortain

La première journée sert de mise en jambes, même si elle aligne déjà cinq cols. Depuis Thonon, la route remonte les gorges de la Dranse vers Morzine et Les Gets, puis rejoint la vallée de l’Arve. La Colombière (1 613 m) et les Aravis (1 486 m) offrent des virages serrés mais réguliers, idéaux pour retrouver ses repères avec une moto chargée. Après le col des Saisies, le Cormet de Roselend et son lac turquoise méritent une longue pause. La descente vers Bourg-Saint-Maurice, étroite et parfois gravillonnée, demande de la retenue en fin de journée.

Jour 2 : l’Iseran, plus haut col routier de l’itinéraire

C’est la journée la plus impressionnante en altitude. La montée par Tignes et Val d’Isère conduit au col de l’Iseran, où l’air est vif même en plein été : prévoyez une couche chaude et des gants mi-saison dans la sacoche. La descente par Bonneval-sur-Arc fait traverser la Haute-Maurienne, un des plus beaux villages de la vallée. Après Saint-Michel-de-Maurienne, le col du Télégraphe grimpe en lacets serrés jusqu’à Valloire, station animée où l’on trouve facilement une chambre.

Jour 3 : Galibier, Izoard et Vars dans la même journée

Le troisième jour concentre les noms les plus célèbres du cyclisme. Le Galibier se mérite tôt le matin, avant l’arrivée des cyclistes et des camping-cars. Au Lautaret, la vue sur la Meije est saisissante. Briançon permet de faire le plein et de déjeuner avant l’Izoard et sa Casse Déserte, un paysage minéral unique dans les Alpes françaises. Le col de Vars ferme la journée, puis la vallée de l’Ubaye mène à Barcelonnette. C’est l’étape la plus longue en temps de roulage : partez de bonne heure.

Jour 4 : la Cayolle et les gorges rouges du Cians

Depuis Barcelonnette, deux options se présentent. La route classique passe par le col de la Cayolle (2 326 m), étroite, sauvage et peu fréquentée. La variante par la Bonette, qui monte au-delà de 2 700 m, ajoute du spectaculaire mais aussi des kilomètres et de la fatigue. Après Guillaumes, Valberg puis le col de la Couillole conduisent vers la Vésubie. Les falaises rouges des gorges du Cians et du Daluis, visibles en contrebas, comptent parmi les décors marquants du voyage.

Jour 5 : le Turini puis la descente vers la mer

La dernière étape est courte, ce qui laisse le temps de savourer. Le col de Turini, connu des amateurs de rallye, aligne des épingles à l’ombre des forêts de mélèzes. La route redescend ensuite vers Sospel, franchit le col de Castillon et débouche sur Menton. Arriver en début d’après-midi permet de profiter du bord de mer et de rendre une éventuelle moto de location sans stress.

Préparer sa moto avant d’enchaîner les grands cols

Une semaine dans les Alpes sollicite la mécanique davantage que plusieurs mois de trajets quotidiens. Quelques contrôles avant le départ évitent la plupart des mauvaises surprises :

  • Freins : plaquettes avec une épaisseur suffisante pour 720 km de montée et de descente, liquide récent. Un liquide ancien supporte mal les longues descentes.
  • Pneus : gomme en bon état, sans usure carrée au centre. Ajustez la pression à la charge réelle (bagages, passager) selon les préconisations du constructeur.
  • Transmission : chaîne graissée et tendue correctement, avec un petit flacon de graisse dans les bagages.
  • Éclairage : les tunnels sont nombreux, notamment en Maurienne, et le passage brutal de la lumière à l’ombre surprend.
  • Bagagerie : charge basse et centrée, valises bien fixées. Un sac haut perché rend la moto pataude dans les épingles.

Côté équipement, emportez une tenue de pluie et une couche thermique. L’écart de température entre Menton et le sommet de l’Iseran peut dépasser vingt degrés dans la même semaine.

Piloter en haute montagne : épingles, descentes et orages d’été

La difficulté de la route des Grandes Alpes tient moins à la technique qu’à la répétition. Des centaines de virages par jour finissent par entamer la concentration, surtout l’après-midi. Dans les épingles, entrez lentement, regardez loin vers la sortie et gardez une trajectoire extérieure prudente : un camping-car ou un car peut mordre sur votre voie à tout moment.

En descente, privilégiez le frein moteur en rétrogradant d’un ou deux rapports, et utilisez les freins par appuis francs plutôt qu’en continu. Cette méthode limite l’échauffement du système de freinage. Les cyclistes, très présents en juillet, montent souvent à faible allure : doublez-les largement et seulement avec une bonne visibilité.

La météo mérite une attention quotidienne. En été, les orages éclatent souvent en milieu d’après-midi sur les hauts reliefs, avec grêle et chute de température. Franchir le col le plus élevé de la journée avant 14 heures est une règle simple et efficace. Gardez aussi en tête que la chaussée peut être gravillonnée après des travaux ou un éboulement, et que des troupeaux traversent parfois sans prévenir.

Budget, hébergement et carburant sur la route des Grandes Alpes

Les villes étapes choisies offrent toutes des hôtels, des chambres d’hôtes et des campings. En juillet et en août, réserver au moins quelques jours à l’avance est prudent, surtout à Valloire et Barcelonnette. À titre indicatif, comptez souvent entre 70 et 130 € la nuit pour deux en hôtel de milieu de gamme, selon la saison et le confort. Pour l’essence, une routière consommant 5 à 6 litres aux 100 km brûle environ 40 litres sur l’ensemble du parcours.

Faites le plein dans chaque ville étape et ne laissez pas descendre le réservoir sous la moitié avant un long tronçon de montagne. Entre Barcelonnette et Guillaumes, par la Cayolle, les stations sont rares. Pensez aussi à vérifier chaque matin l’état d’ouverture des cols auprès des services routiers départementaux ou des offices de tourisme : une fermeture temporaire pour travaux, chute de neige tardive ou passage d’une course cycliste peut imposer un détour.

Avec ce découpage, cinq jours suffisent pour relier le Léman à la Méditerranée sans brûler les étapes. Si votre agenda le permet, une sixième journée de réserve à Briançon ou Barcelonnette absorbe une averse ou une envie de rester un peu plus longtemps en altitude.

À partir de quand les cols les plus hauts sont-ils ouverts ?

L’Iseran, le Galibier et la Bonette rouvrent généralement entre fin mai et fin juin, selon l’enneigement, et ferment courant octobre ou dès les premières neiges. Les dates changent chaque année : consultez l’état des routes avant de réserver vos nuits.

Une moto de petite cylindrée suffit-elle pour ce parcours ?

Oui, une 125 cm³ ou une moto de moyenne cylindrée passe tous les cols de l’itinéraire. Les montées seront plus lentes avec un passager et des bagages, mais les routes restent goudronnées et praticables. L’essentiel est une moto bien entretenue et un pilote à l’aise dans les virages serrés.

Les routes des cols alpins sont-elles payantes ?

Non, les cols de la route des Grandes Alpes sont gratuits. Seuls certains tunnels transfrontaliers, hors de cet itinéraire, appliquent un péage. Le budget se résume donc au carburant, aux nuits et aux repas.

Le parcours convient-il à un motard peu expérimenté ?

Il reste accessible si le motard maîtrise déjà les virages et les démarrages en côte. Les descentes longues et les épingles serrées demandent de la concentration. Un premier essai sur une journée dans des cols moins élevés, comme les Aravis, aide à se jauger avant de partir pour cinq jours.

Vaut-il mieux partir en juillet ou en septembre ?

Juillet garantit des cols ouverts et de longues journées, mais avec plus de trafic et parfois des fermetures liées aux courses cyclistes. Septembre est souvent plus calme et lumineux, avec des matinées fraîches et un risque de neige précoce sur les sommets en fin de mois.

Peut-on garder la variante de la Bonette dans un trajet de cinq jours ?

Oui, en remplaçant la Cayolle le quatrième jour. La journée s’allonge d’une trentaine de kilomètres et d’une bonne heure de roulage, avec une descente vers Saint-Étienne-de-Tinée avant de rejoindre la Vésubie. Partez tôt pour arriver avant la fatigue du soir.

L’auteur

Myriam Giraud

Journaliste moto indépendante

Je parcours l’Europe à moto depuis quinze ans, souvent seule et rarement sur les grands axes. Je teste chaque itinéraire avant de l’écrire et je documente la préparation autant que la route.

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